Sucicide Girl ou Lorsqu'une bonne initiative se transforme en mercantilisme
Un article fort intéressant à mon goût :
http://archives.gonzai.com/suicide-girls-tatouages-mas-tu-vu-et-fin-du-reve/
Comment une revendication initiale du féminisme et de la libéralisation (notamment sexuelle) peut-elle se transformer en opération mercantiliste de corps féminins, qui surenchérissent afin de gagner une certaine reconnaissance ?
J'étais d'accord avec le principe de départ, jusqu'à ce que ce site se transforme en ersatz de "quoimagueule.com". Un site qui véhiculerait une image de femme bien dans son corps et dans sa tête, sans toutefois s'astreindre à ressembler au stéréotype de la beauté fatale tel que le véhiculent les médias ? Je dis amen à une telle idéologie.
Malheureusement, le succès, la popularité, ont eu tôt fait de transformer ce mouvement en effet de "mode", auquel moult jeunes filles (dont certaines écervelées) désirent adhérer. Et qu'est-ce que la mode, sinon une certaine facette du conformisme?
Je ne nie donc pas qu'une certaine part des communément appelées "SG" se dévêtissent en toute bonne foi, et ce, dans un désir d'affirmation, néanmoins un certain paradoxe ne manque pas de me frapper .
Comment prôner le féminisme tout en s'immolant en objet de désir masculin ? En quoi le fait de fournir aux hommes une nouvelle manière de "mater un porno gratuit" permet-il de donner une nouvelle image de la femme ? N'est-ce pas toujours se subordonner aux désirs du monde actuel? En quoi réside finalement aujourd'hui l'intérêt de SG.COM ? Sinon en une nouvelle manière de choquer ses proches nourrie par le noble prétexte d'adhérer à des desseins plus nobles pour l'humanité.


Pensée du soir :
Etre laide, c 'est une chose, mais jalouser la beauté des autres... Ce serait comme ajouter une verrue purulente sur un nez déjà crochu.
Force m'est de constater que ce blog n'accueille que bien peu de voyageurs . Peu importe, continuons notre périple, ne fut-ce que pour le pélerin qui, assoiffé de mots et de maux, d'états de larmes et de petits écrits sans conséquences, que celui-là au moins trouve à se sustenter ... Un apéritif, une prélude à de plus grands et de plus nobles voyages.
Nombre sont ceux qui disent écrire comme ils respirent, pour parler du naturel avec lequel leur vient les mots, l'émotion.
Pour moi, il existe deux façons d'écrire : La première, comme l'on inspire, d'inhaler en son sein une bonne bouffée d'oxygène, se procurer de l'agrément, un oasis d'imaginaire, de rêve et de bien-être dans le monde réel, tout en en procurant à autrui.
L'autre, c 'est d'écrire comme l'on expire, comme l'on souffle et recrache, tout ce qui nous pèse, nous oppresse. C'est enfin l'écriture comme véhicule d'expression.
C'est pas l'homme qui prend la mer...
Ponyo sur la falaise, Hayao Miyazaki (2009)Synopsis :Le petit Sosuke, cinq ans, habite un village construit au sommet d'une falaise qui surplombe la Mer Intérieure. Un beau matin, alors qu'il joue sur la plage en contrebas, il découvre une petite fille poisson rouge nommée Ponyo, piégée dans un pot de confiture. Sosuke la sauve, et décide de la garder avec lui dans un seau.
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S'il est bien quelque chose de peu ordinaire dans le cinéma de Miyazaki, c'est sa capacité à nous catapulter de notre strapontin de cinéma non pas jusqu'à l'écran, ni même dans un quelconque univers diégétique, mais rien de moins que jusqu'au ciel. Au firmament où brille la plus belle étoile qui soit, la plus scintillante, celle qui guida naguère les Rois Mages jusqu'à Bethléem, celle encore qui nous révère, dans nos nuits les plus obscures, toute la munificence du monde. Cette étoile n'a rien de réel. Pourtant sa lumière suffit à mener tous les navires à bon port, toutes les muses à leurs poètes, et l'âme-soeur aux doux rêveurs. Cette étoile que constitue le Rêve.
Ponyo ne constituera pas l'intrus dans la filmographie de Miyazaki. Il est certain que des grands Maîtres, nous attendons de grandes oeuvres, et qu'aux fanatiques de cet illustre réalisateur natif du pays du soleil levant, l'erreur n'est pas Miyazakienne. Il est vrai cependant que Le château ambulant (2005) aura pris les traits pour certains puristes d'une cruelle déception (avis que je suis à des lieues de partager, tant me paraît puissante la valeur symbolique du récit), néanmoins il semble bien que le nouveau chérubin du Maître fasse l'unanimité cette fois.
Un passage tout particulièrement m'a fortement marquée : lorsque dans Ponyo, l'enfant et la mère attendent dans leur maisonnette la passage du bateau sur lequel le père de famille est capitaine (par conséquent toujours absent) et que celui-ci communique avec eux par le biais de signaux lumineux, afin de leur transmettre tout son amour. Vous me jugerez sentimentale sans doute, et vous n'aurez pas tort, mais ce passage particulièrement m'a semblé d'une grande justesse. La nuit est tombée . Mère et fils sont si proches que cette union sacrée ne fait que renforcer le manque de figure paternelle. Dans cette intimité presque douloureuse tant elle leur semble naturelle, et si joyeuse malgré tout, plane le sceptre de l'absent. Que l'on suppose fantôme, ombre passante d'un bateau. Qui prend pourtant tout l'éclat d'une lueur fendant l'obscurité pour embraser le ciel, embraser le fils et la mère. Pour que se comblent les années perdues. Pour attirer les regards de la maisonnette vers la mer, vers le ciel où continue de briller inlassablement l'étoile du rêve. Ceux qui se réalisent.
Et c'est dans cette demi-place au sein de la famille que se glisse un demi bout de fille, Ponyo, hybride de poisson à visage humain. Cette sirène moderne n'est pas sans rappeler l'histoire du prince Blub et de la sirène de Pierre Gripari, ainsi que celle d'Andersen. Comme cette dernière, elle est menacée de devenir écume, le jour où Sosuke cesserait de l'aimer. Il est difficile de s'empêcher de percevoir ces battements de coeur, de ne pas compter, ainsi que Ponyo, les secondes d'éternité que constituent ces moments de tendresse partagée.
La crainte de voir Sosuke "chausser les palmes" de son père s'accroît, durant le film, légitimée par les plans qui campent l'enfant fasciné par la mer, par les bateaux (le bateau-bougie miniature), sa connaissance du code de communication fluvial, et finalement concrétisée par le geste symbolique de Sosuke coiffant la casquette de capitaine, réplique exacte de celle de son père.
La fin cependant semble contrarier cette destinée préprogrammée : l'enfant accepte Ponyo dénuée de ses pouvoirs magiques, ayant choisi par amour de devenir humaine.
Il semble finalement que Sosuke n'était point destiné à conquérir les mers, mais le trésor qu'elle renfermait.
"Entre moi et la réalité, il y avait une grande différence d'âge."
(Isabelle Fortier, dite Nelly Arcan)
Absence prolongée, quelques chansons pour patienter ...
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