Un tour au ciel

Réceptacle de mes divers états de larmes, et de quelques critiques de films ou de romans.

20 juin 2009

Sucicide Girl ou Lorsqu'une bonne initiative se transforme en mercantilisme

Un article fort intéressant à mon goût :

http://archives.gonzai.com/suicide-girls-tatouages-mas-tu-vu-et-fin-du-reve/

Comment une revendication initiale du féminisme et de la libéralisation (notamment sexuelle) peut-elle se transformer en opération mercantiliste de corps féminins, qui surenchérissent afin de gagner une certaine reconnaissance ?

J'étais d'accord avec le principe de départ, jusqu'à ce que ce site se transforme en ersatz de "quoimagueule.com". Un site qui véhiculerait une image de femme bien dans son corps et dans sa tête, sans toutefois s'astreindre à ressembler au stéréotype de la beauté fatale tel que le véhiculent les médias ? Je dis amen à une telle idéologie.

Malheureusement, le succès, la popularité, ont eu tôt fait de transformer ce mouvement en effet de "mode", auquel moult jeunes filles (dont certaines écervelées) désirent adhérer. Et  qu'est-ce que la mode,  sinon une certaine facette du conformisme?

Je ne nie donc pas qu'une certaine part des communément appelées "SG" se dévêtissent en toute bonne foi, et ce, dans un désir d'affirmation, néanmoins un certain paradoxe ne manque pas de me frapper .

Comment prôner le féminisme tout en s'immolant en objet de désir masculin ? En quoi le fait de fournir aux hommes une nouvelle manière de "mater un porno gratuit" permet-il de donner une nouvelle image de la femme ? N'est-ce pas toujours se subordonner aux désirs du monde actuel?  En quoi réside finalement aujourd'hui l'intérêt de SG.COM ? Sinon en une nouvelle manière de choquer ses proches nourrie par le noble prétexte d'adhérer à des desseins plus nobles pour l'humanité.

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lyceenne

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23 mai 2009

Pensée du soir :

Etre laide, c 'est une chose, mais jalouser la beauté des autres... Ce serait comme ajouter une verrue purulente sur un nez déjà crochu.

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06 mai 2009

Force m'est de constater que ce blog n'accueille que bien peu de voyageurs . Peu importe, continuons notre périple, ne fut-ce que pour le pélerin qui, assoiffé de mots et de maux, d'états de larmes et de petits écrits sans conséquences, que celui-là au moins trouve à se sustenter ... Un apéritif, une prélude à de plus grands et de plus nobles voyages.

Nombre sont ceux qui disent écrire comme ils respirent, pour parler du naturel avec lequel leur vient les mots, l'émotion.

Pour moi, il existe deux façons d'écrire : La première,  comme l'on inspire, d'inhaler en son sein une bonne bouffée d'oxygène, se procurer de l'agrément, un oasis d'imaginaire, de rêve et de bien-être dans le monde réel, tout en en procurant à autrui.

L'autre, c 'est d'écrire comme l'on expire, comme l'on souffle et recrache, tout ce qui nous pèse, nous oppresse. C'est enfin l'écriture comme véhicule d'expression.

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14 avril 2009

C'est pas l'homme qui prend la mer...

ponyo

Ponyo sur la falaise, Hayao Miyazaki (2009)

Synopsis :

Le petit Sosuke, cinq ans, habite un village construit au sommet d'une falaise qui surplombe la Mer Intérieure. Un beau matin, alors qu'il joue sur la plage en contrebas, il découvre une petite fille poisson rouge nommée Ponyo, piégée dans un pot de confiture. Sosuke la sauve, et décide de la garder avec lui dans un seau.
Ponyo est aussi fascinée par Sosuke que ce dernier l'est par elle. Le petit garçon lui promet de la protéger et de s'occuper d'elle, mais le père de Ponyo, Fujimoto - un sorcier autrefois humain qui vit tout au fond de la mer - la force à revenir avec lui dans les profondeurs. Bien décidée à devenir humaine, Ponyo s'échappe pour retrouver Sosuke.
Mais avant de prendre la fuite, elle répand l'élixir magique de Fujimoto, l'Eau de la Vie, dans l'océan. Le niveau de la mer s'élève, et les soeurs de Ponyo sont transformées en vagues gigantesques qui montent jusqu'à la maison de Sosuke sur la falaise, et engloutissent le village...
Une petite fille et un petit garçon. L'amour et la responsabilité. La mer et l'essence de la vie. Véritable antidote à l'anxiété et aux doutes de notre époque, Ponyo sur la falaise est la fabuleuse histoire d'une mère et de son enfant.

(source : Allocine.com)

S'il est bien quelque chose de peu ordinaire dans le cinéma de Miyazaki, c'est sa capacité à nous catapulter de notre strapontin de cinéma non pas jusqu'à l'écran, ni même dans un quelconque univers diégétique, mais rien de moins que jusqu'au ciel. Au firmament où brille la plus belle étoile qui soit, la plus scintillante, celle qui guida naguère les Rois Mages jusqu'à Bethléem, celle encore qui nous révère, dans nos nuits les plus obscures, toute la munificence du monde. Cette étoile n'a rien de réel. Pourtant sa lumière suffit à mener tous les navires à bon port, toutes les muses à leurs poètes, et l'âme-soeur aux doux rêveurs. Cette étoile que constitue le Rêve.

Ponyo ne constituera pas l'intrus dans la filmographie de Miyazaki. Il est certain que des grands Maîtres, nous attendons de grandes oeuvres, et qu'aux fanatiques de cet illustre réalisateur natif du pays du soleil levant, l'erreur n'est pas Miyazakienne. Il est vrai cependant que Le château ambulant (2005) aura pris les traits pour certains puristes d'une cruelle déception (avis que je suis à des lieues de partager, tant me paraît puissante la valeur symbolique du récit), néanmoins il semble bien que le nouveau chérubin du Maître  fasse l'unanimité cette fois.

Un passage tout particulièrement m'a fortement marquée : lorsque dans Ponyo, l'enfant et la mère attendent dans leur maisonnette la passage du  bateau sur lequel le père de famille est capitaine (par conséquent toujours absent)  et que celui-ci communique avec eux par le biais de signaux lumineux, afin de leur transmettre tout son amour. Vous me jugerez sentimentale sans doute, et vous n'aurez pas tort, mais ce passage particulièrement m'a semblé d'une grande justesse. La nuit est tombée . Mère et fils sont si proches que cette union sacrée ne fait que renforcer le manque de figure paternelle. Dans cette intimité presque douloureuse tant elle leur semble naturelle, et si joyeuse malgré tout, plane le sceptre de l'absent. Que l'on suppose fantôme, ombre passante d'un bateau. Qui prend pourtant tout l'éclat d'une lueur fendant l'obscurité pour embraser le ciel, embraser le fils et la mère. Pour que se comblent les années perdues. Pour attirer les regards de la maisonnette vers la mer, vers le ciel où continue de briller inlassablement l'étoile du rêve. Ceux qui se réalisent.

Et c'est dans cette demi-place au sein de la famille que se glisse un demi bout de fille, Ponyo, hybride de poisson à visage humain. Cette sirène moderne n'est pas sans rappeler l'histoire du prince Blub et de la sirène de Pierre Gripari, ainsi que celle d'Andersen. Comme cette dernière, elle est menacée de devenir écume, le jour où Sosuke cesserait de l'aimer. Il est difficile de s'empêcher de percevoir ces battements de coeur, de ne pas compter, ainsi que Ponyo, les secondes d'éternité que constituent ces moments de tendresse partagée.

La crainte de voir Sosuke "chausser les palmes" de son père s'accroît, durant le film, légitimée par les plans qui campent l'enfant fasciné par la mer, par les bateaux (le bateau-bougie miniature), sa connaissance du code de communication fluvial, et finalement concrétisée par le geste symbolique de Sosuke coiffant la casquette de capitaine, réplique exacte de celle de son père.

La fin cependant semble contrarier cette destinée préprogrammée : l'enfant accepte Ponyo dénuée de ses pouvoirs magiques, ayant choisi par amour de devenir humaine.

Il semble finalement que Sosuke n'était point destiné à conquérir les mers, mais le trésor qu'elle renfermait.

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01 avril 2009

"Entre moi et la réalité, il y avait une grande différence d'âge."
(Isabelle Fortier, dite Nelly Arcan)

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04 mars 2009

Absence prolongée, quelques chansons pour patienter ...


Découvrez Don Edwards!

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02 février 2009

Connaissez-vous...

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...Ivry Gitlis ?

Il s'agit d'un magicien, né en 1922 en Palestine, prodige au point de donner son premier concert à l'âge de sept ans, un an après avoir obtenu son premier violon.

Si wikipedia s'avèrera plus riche en informations sur sa biographie, je peux ajouter que cet homme, qui fut mon premier professeur de violon (instrument que je cessai il y a une dizaine d'années, n'étant habitée par la même passion que mon divin mentor), doté d'un talent incroyable, demeure dans mes souvenirs d'enfant un être humain d'un tempérament et d'un charisme hors norme.

Il m'apprit à reproduire avec mon archet le son de l'oiseau qui chante.

Bien que les mémoires enfantines et le recul du temps puissent parer la réalité d'une teinte qui l'enjolive, je ne puis que songer avec une infinie tendresse à cette période brève où je le côtoyai.

Un documentaire écrit par Sandra Joxe et Christian Labrande (réalisé par Sandra Joxe) lui est consacré. Il s'intitule "Ivry Gitlis, le violon sans frontières". Ne manquez pas sa diffusion en avril 2009 sur ARTE.

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La ronde, Max Ophüls

"Rythmée par le meneur de jeu, la ronde passe de la prostituée au soldat, du soldat à la femme de chambre, de la femme de chambre au fils de famille, de celui-ci à Emma, la dame mariée, d'Emma à Charles son mari, de Charles à la grisette Anna qui tend la main au poète, qui l'abandonne pour la comédienne qui ne résiste pas au comte, lequel, retournant s'encanailler avec la prostituée, boucle le cercle."(source : Wikipedia)

Certes, ce film tombe lourd et tranchant sur un coeur idéaliste (tel que je suis), car le réalisateur n'a de cesse d'y démontrer, au travers de nombreux badinages de toutes les classes sociales, l'inconstance du sentiment le plus sacro-saint au monde : l'Amour.

Il paraîtra ainsi condamnable aux plus puritains d'entre nous par la valorisation d'un plaisir surclassant l'amour, prônant la satisfaction de la volonté et l'annihilation de toute pureté ou serment de fidélité intrinsèque aux liens unissant les amoureux, et - pis encore - des conjoints.

Cette vision teintée d'un certain cynisme tendra peut-être à confirmer la thèse Darwinienne qui fait de l'homme le descendant de la bête, en corrompant le sentiment le plus "humain" et le plus pur qui existe par une certaine animalité, et une résistance moindre aux pulsions primaires l'emportant sur la conscience et sur les plus honnêtes attachements.

Malgré ces maigres objections, qui pourra contester le talent de réalisation de Max Ophüls ?

Le ton de l'histoire (musique et commentaire), étrangement allègre, contraste avec le thème un peu grinçant de l'oeuvre. L'impression de décalage qui en résulte est exquise.

Le titre s'avère on ne peut plus parlant, et l'on associe dès le prélude du film, à la mise en scène du personnage metteur-en scène, un inébranlable fattum. Et nous n'avons de cesse, spectateurs prétendument chastes mais néanmoins avides de misère et de vice, de catharsis salvatrice et rédemptrice , que la boucle soit bouclée.

Le cinéma du libertinage a trouvé son maître. Crions au génie.

Posté par Angeline_Clarte à 01:47 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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